Jean Jacques HENNER

Texte de Bénédicte DUMEIGE
Cette chronologie sélective est établie sur la  base de celle présentée par Isabelle de Lannoy au début du catalogue raisonné.
Où voir des œuvres de J.J. Henner
Musée Henner – Paris
Musée Sundgauvien – Altkich
Musée des Beaux Arts – Mulhouse

Jeunesse 1829-1858
5 mars 1829
Naissance    à   Bernwiller,    Sundgau,    dernier enfant d’une famille de 6 enfants.


Maison natale. Musée Henner ; Album photo F1-A-3.2.2
1841-1843
Élève au collège d’Altkirch. Premières leçons de dessin avec Charles Goutzwiller (1819-1900).

1844-1846
Atelier de Gabriel Guérin (1790-1846) à Strasbourg. A sa mort, il part pour Paris. L’année suivante, il obtient une bourse du Conseil Général du Haut-Rhin pour poursuivre ses études à Paris.

1845
Portrait de Jean Hermann, menuisier de Bernwiller, premier portrait daté.

1847
Il est admis à l’école des Beaux-Arts en section peinture et il poursuit ses études grâce à la

1852-1853
Il rentre en Alsace après la mort de sa sœur Madeleine. Il peint plusieurs portraits datés en Alsace.

1854
Retour à Paris avec une dernière bourse du Conseil général du Haut Rhin. (Bourse de 500 francs en 1851)

1855
Première tentative pour passer le Grand Prix de Rome de peinture qu’il rate. En juin, la copie qu’il a réalisée l’année précédente de la Crucifixion de Prud’hon est achetée par la ville d’Altkirch grâce à Charles Goutzwiller. Il rentre en Alsace pendant l’été et réalise de nombreux portraits

1856
Il peint en Alsace des scènes de genre et fait des illustrations pour une traduction d’Horace

1857
Mort de sa mère à Bernwiller en janvier. Il commence un journal.
Tente pour la seconde fois le Grand Prix de Rome de peinture. Il est reçu cinquième au concours d’essai et rate le concours définitif.

1858
Troisième tentative : reçu sixième au concours d’essai il est élu premier au concours définitif avec Adam et Eve trouvant le corps d’Abel mort.

Italie 1859-1864
1859
Il arrive à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en janvier.

1860
Première composition de Madeleine pénitente qu’il donne au Musée de Colmar.

1860-1862
Nombreux voyages dans la péninsule italienne, durant lesquels il effectue beaucoup de copies.

1863
Il expose pour la première fois trois œuvres au Salon. Il obtient un poste de gardien au musée du Louvre pour son frère Grégoire.

Paris 1864-1905
1864
De retour de Rome, il s’installe rue Bonaparte.

1865
Médaillé avec la Chaste Suzanne au Salon où il est présent jusqu’en 1903.

1867
Nouvel atelier au 11, Place Pigalle. Il présente  son travail à l’Exposition Universelle de Paris.
Mort de son neveu Paul Henner à 7 ans dont il a réalisé de nombreux portraits.

1869
Dernier voyage en Allemagne avant la guerre.  Il rencontre la famille Kestner de Thann. Il entame une longue amitié avec Eugène Müntz (1845-1902). Il rédige pour la Revue d’Alsace, le premier article concernant Henner et les peintres alsaciens au Salon.

1870
Perte de l’Alsace-Lorraine à la suite de la guerre. Il retourne moins en Alsace hormis l’été pour un mois. Il est proche des milieux alsaciens au sein des cercles républicains : il y cultive de nombreuses amitiés. Son œuvre prend une connotation symbolique :  portrait  de Mme Charles Kestner.

 1871
Un groupe de femmes de Thann, autour de Mme Kestner, lui commandent L’Alsace, Elle Attend, pour Gambetta. Cette jeune alsacienne en deuil évoque la perte de l’Alsace-Lorraine en 1870 et le désir de « Revanche »

1873
Nommé chevalier de la Légion d’honneur. Médaillé à l’exposition internationale de Vienne. Première commande pour l’Amérique.

1874
Création avec Carolus Duran (1838-1917) de l’Atelier des Dames pour les femmes qui n’étaient pas admises à suivre les cours à l’Ecole des Beaux-Arts. Plusieurs femmes artistes suivirent son enseignement dont Madeleine Smith (1864-1940) future fondatrice de la fondation Smith-Champion de Nogent-sur Marne. Une amitié très forte la lie à Jean- Jacques Henner. En compagnie de sa sœur, Jeanne, éprise de photographie, ils passeront de nombreuses journées à Nogent-sur-Marne ou à Bernwiller. Les témoignages photographiques sont nombreux.

1875-1877
Il peint de nombreux portraits et rencontre
Sarah Bernhard ou Louis Pasteur (pour lequel il va réaliser plusieurs portraits de sa famille et de lui-même).

1878
Promu officier de la Légion d’honneur.  Première médaille à l’exposition universelle où il est remarqué par Emile Zola. Premières mentions dans ses carnets de diners alsaciens. Il rencontre Juliette Adam, connue pour ses idées nationalistes nourries par l’esprit de revanche.

1879
Céline Scheurer-Kestner (fille de Mme Charles Kestner et femme du futur sénateur Auguste Scheurer-Kestner) commande une Andromède, représentant l’Alsace perdue.

A partir de 1880
Henner travaille pour de nombreux marchands en France et à l’étranger (Etats-Unis)

1881
Membre de la Société des Artistes français qui organise le Salon. Il vote avec Carolus Duran en faveur d’une médaille pour Manet.

1882
Il échoue à entrer à l’Institut. Il voyage abondamment (Belgique, Hollande, Espagne).

1883
Mariage, le 9 août, de son neveu Jules Henner avec Marie Dujardin, fondatrice du musée Henner

1884
Début de la correspondance avec Charles Grad (1842-1890), écrivain, scientifique, homme politique, académicien et mécène de Henner à Colmar.

1885
Construction de la maison de Bernwiller

1889
Après un nouvel échec en 1888, Henner est élu à l’Institut.
L’atelier des Dames ferme en 1889.

1890
Son frère Grégoire Henner décède le 6 avril

1891
Il    devient    membre    du    Conseil    supérieur d’Enseignement de l’Ecole des Beaux-Arts.

1893
Mort de sa sœur Marie-Anne en Alsace.
Les séjours d’Henner à Bernwiller sont plus longs et il fait poser des jeunes filles du Sundgau (notamment Eugénie, la fille du cantonnier et Augustine Kolb, pour Bergères et des Ecolières).

 1894
Mort de son frère Séraphin Henner qui l’a élevé à la mort de leurs parents et qui a encouragé sa vocation de peintre.

1898
En pleine affaire Dreyfus, il peint une Vérité et pour le Salon Le lévite d’Ephraïm et sa femme morte, remarqué par le sénateur Sheurer- Kestner à l’origine de la révision du procès de Charles Dreyfus (gendre de Mme Kestner qui avait commandé l’Alsace, elle attend)
Henner est promu commandeur de la Légion d’honneur.

1900
Président du jury au Salon.

1902
Mort de Mme Séraphin Henner, sa belle-sœur.

1903
Grand officier de la Légion d’honneur. Dernier salon.
L’écrivain-poète, compositeur, artiste peintre et collectionneur Georges Spetz (originaire d’Issenheim) lui commande un frontispice pour Les légendes d’Alsace, publié à Strasbourg en 1905 et 1910.

1904
L’absence d’Henner est regrettée au Salon.

1905
Il décède chez lui, rue Labruyère, à Paris le 23 juillet. Il est enterré au cimetière Montmartre.

Georges Spetz est probablement à l’initiative du monument consacré à l’artiste à Bernwiller (monument dessiné par Enderlin)

1906-1927
1906
Publication d’une plaquette illustrée d’un poème de Spetz par la Revue alsacienne illustrée. Elle sera offerte aux souscripteurs du monument Importante donation au Petit Palais ainsi qu’à plusieurs musées de province.

1908
Inventaire des peintures de l’atelier de son oncle par Jules Henner assisté par Many Benner. L’idée du musée se fait jour. Il acquiert d’autres œuvres.

1911

Inauguration    du    monument     à    Henner    à Bernwiller

Inauguration du monument. Musée Henner DSC6227

1913
Mort de Jules Henner écrasé par un autobus. Son épouse Marie Dujardin poursuit l’inventaire et complète la collection.

1917
Destruction par les Allemands du monument Henner à Bernwiller

1923
Réinstallation du monument. Le buste est refondu à partir du plâtre d’Inderlin.
Ouverture du musée Henner à Paris et publication d’un petit catalogue. Le musée est donné à l’Etat par Mme Jules Henner qui consacre sa vie à la mémoire du peintre.

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