Louis WERNER

né le 4 juin 1824 :
 10ème enfant de Valentin Werner et de Christine Wetzel, Louis Werner vit  le jour à Bernwiller,  5 ans avant Jean-Jacques Henner. Développant très tôt des aptitudes artistiques, il fréquente à l’âge de 15 ans le Collège d’Altkirch où il reçoit l’enseignement de Charles Goutzwiller. Il continue ses études à Strasbourg dans l’atelier de Gabriel Guérin et sera logé dans la famille Heim, même famille qui accueille Jean-Jacques Henner lors de son séjour à Strasbourg quatre années plus tard.

En 1842 : il part à Paris et entre dans l’atelier de Michel-Martin Drolling. Durant cette période, son premier professeur de dessin, Charles Goutzwiller, le rencontre au Louvre copiant la «Vierge au voile» de Raphaël. Il tente par trois fois le concours d’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts. 25ème en 1844, il est second l’année suivante et premier en 1846. Ses professeurs sont Ingres, Vernet, Horace, Paul Delaroche, David d’Angers …
Lorsque Jean-Jacques Henner arrive à Paris en 1846, les deux jeunes artistes se retrouvent mais il semble que Werner prenne des distances avec l’enseignement. Henner lui écrit en 1847 :
« J’espère que tu viendras à Paris pour le mois du concours à l’Ecole. Le concours commence le 11 mars. Je voudrais bien avoir une de tes figures dessinées. J’en ai vu une qui est très bien chez Moricourt. O, cher Louis, que je languis après toi ! O, comme je vais accepter les conseils que tu voudras bien me donner quand tu seras à Paris. Je te montrerai mes figures dessinées pour que tu me les corriges ; car je sais qu’elles sont encore bien faibles en comparaison des tiennes. Depuis que j’ai reçu ta lettre, je travaille avec plus de plaisir parce que j’ai cru que tu m’avais oublié. M. Drolling ne m’a pas dit que tu es un jeune homme perdu ; mais il m’a dit que tu allais te perdre si tu ne continuais pas tes études ».
Lettre de Jean-Jacques Henner à Louis Werner à Vitry-le-François, 1847

En 1853 : Louis Werner accomplit son premier voyage en Angleterre où il écrit à sa soeur :
« Je commence à voir que j’ai très bien fait de venir à Londres. Quoique jusqu’ici je n’ai pas grandement travaillé, tous les frais sont rattrapés et je suis sûr de rester ici quelques temps. J’ai de nombreuses commandes et suis infiniment mieux payé qu’en France. J’ai plus d’espoir que jamais ….
Il revient à Strasbourg durant 3 ans de 1853 à 1856, date à laquelle il est présenté à un gentilhomme irlandais Lord Stuart de Decis, qui lui commande plusieurs tableaux conservés au Château de Cardiff, au Pays de Galles. On lui propose ensuite d’exécuter plusieurs portraits pour une famille de Dublin en Irlande. Il y rencontre une jeune française, préceptrice des enfants, Augustine Fieffe, qui devient son épouse quelques années plus tard. Très introduit dans la haute société, il voyage entre l’Irlande, le Pays de Galle et l’Angleterre où on lui commande de nombreux portraits.

A compter de 1857 :  il revient à Bernwiller à l’automne pour y retrouver sa famille et chasser. Jusqu’à la fin du siècle il revient un mois chaque année dans son village natal. L’arrivée de « L’oncle Louis » était très attendue par la famille. Il est au sommet de son art à compter de 1856. Il expose régulièrement à la Royal Hibernian Academy de Dublin et sa notoriété croît singulièrement. Les commandes affluent et sa renommée est fondée essentiellement sur l’art du portrait.

A compter de 1864 :  Son activité se ralentit  du fait de l’utilisation de son atelier par son épouse, Augustine, qui se mit très tôt à la photographie. Les portraitistes lui reprochèrent le développement de cette activité.
« Mais qui doit s’intéresser à la photographie si ce n’est l’artiste ? »
Il mourut le 12 décembre 1901 à Dublin à l’âge de 77 ans.

De son union avec Augustine, ils eurent 3 fils.
L’aîné Louis fut un ophtalmologiste de renom en Angleterre et Irlande.
Le second, Alfred, prit la succession de l’atelier de photographie de sa mère. Il obtint de nombreuses distinctions lors d’expositions de photographies (Chicago, Londres, Paris, Moscou, Vienne, Bruxelles,…). Il effectuera de nombreux voyages en Alsace et photographie abondamment notamment sa famille.
Le troisième fils sera chimiste.
extrait de : Le peintre du sundgauvien Louis Werner (1824-1901), Michel Werner,